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2% LES DU VERNEY.
violemment les dernières heures de l'existence du pauvre
que la terrible vision des carabins prêts à se jeter sur sa
dépouille ; l'hôpital serait pour lui une chose douce, dût-il
y trouver la mort, s'il n'y avait pas derrière l'amphithéâtre
avec ses tables de marbre !
Eh bien ! c'est cette science qui s'enseigne avec ce
hideux et sanglant appareil que du Verney sut rendre
attrayante. Elle devint si fort à la mode que sans parler
de ceux pour lesquels l'art devait constituer un patrimoine,
les grands, les princes, le roi lui-même, le grand-roi en
personne assistaient à ses remarquables démonstrations.
Tous oubliant les préjugés de leur époque écoutaient avec
intérêt, je dirai même avec passion, cet homme amoureux
de la science, qui savait faire passer chez ses auditeurs
l'enthousiasme dont il était enflammé.
Lancé dans la voie brillante des travaux anatomiques,
du Verney négligea nécessairement un peu la pratique
de la médecine proprement dite. Une charité toute chré-
tienne lui imposa pourtant l'obligation de visiter quelques
pauvres malades. Des confrères qui avaient foi dans ses
connaissances sur la structure du corps humain l'ap-
pelaient aussi dans des cas où le diagnostic était indécis.
Mais il préféra toujours s'adonner à son goût pour les
dissections et fit plus ainsi pour l'avancement de la science
que tous les archiatres, qui de son temps se mêlaient de
purger et de saigner. On peut aisément se consoler de
n'avoir point été un Fagon ou un d'Aquin quand on a
compté les noms les plus célèbres de l'Europe parmi ses
disciples : "Winslow, Pittcarne, Valsalva, etc..
Aussi tout en reconnaissant combien le rôle du pra-
ticien même le plus obscur est beau au point de vue de la
philanthropie, je ne crois pas rabaisser le mérite de mon
illustre compatriote en disant qu'il s'attacha plutôt à être