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286            LES PREMIÈRES RACES HUMAINES

leux, des races à moitié sauvages, qui, entourées dévastes
solitudes, de forêts sans limites, de pâturages déserts, mal
armées et pourvues seulement d'une industrie rudimen-
taire, pouvaient au contraire sans dangers et sans fati-
gues, s'étendre librement et progressivement de proche en
proche. Si donc nous trouvons les populations celtiques
très-denses déjà en Europe à l'époque de la pierre polie, il
faut admettre que le mouvement ethnique qui les portait
vers l'occident était depuis longtemps commencé.
   Les générations se succédaient les unes aux autres,
comme les flots d'une marée montante, formant autant
d'alluvions successives distinctes les unes des autres par
des industries caractéristiques. C'est ainsi que nous voyons
apparaître tout à coup la civilisation de la pierre polie,
importée selon toute apparence par une émigration celtique
ou transmise de proche en proche à travers la lande ou la
forêt.
   Le caractère sous lequel se présente cette époque dans
nos pays, me fait pencher plutôt pour le second mode de
transmission. En effet, à part les armes en pierre polie,
qui apparaissent tout à coup avec quelques animaux do-
mestiques et quelques rudiments d'agriculture, peu de
changements se produisent d'abord dans la vie des sau-
vages habitants de la vallée de la Saône. Leurs campe-
ments ne valent guère mieux que ceux de l'âge du Renne.
Ce sont toujours de misérables huttes en bois ou en peaux
de bêtes, qui n'ont même pas laissé de traces. Ça et là on
retrouve les foyers établis simplement sur le sol, ,ou légè-
rement creusés en forme de fosses, autour desquels sont
entassés des débris de cuisine, des os fendus, des balayu-
res et des immondices de toute sorte, des éclats de silex
provenant de la taille, une grossière poterie analogue à
celle de l'époque du Renne, etc.. En un mot les hommes