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                   DE LA. VALLÉE DE LA. SAÔNE.                     281

ries, mal logées, mal vêtues, exposées à toutes les intem-
péries des saisons, à tous les hasards de la vie sauvage ;
ensuite le climat.
   Le climat de l'âge du Eenne commence à être assez
exactement déterminé pour les différentes régions de l'Eu-
rope occidentale. La température générale était alors plus
élevée que maintenant; mais par suite de l'extrême pré-
dominence de l'humidité, les glaciers et les neiges descen-
daient à des niveaux qu'ils n'occupent plus, en sorte qu'on
trouvait dans des localités très-voisines, comme encore
aujourd'hui dans les Alpes, des plantes ou des animaux
caractéristiques de climats très-différents. A une époque
plus ancienne, l'extension des phénomènes glaciaires
avait été bien plus accentuée encore , et à l'âge du
Eenne, le retrait des neiges se produisait déjà comme il
n'a cessé de se produire depuis. On attribue cette lente
révolution à la diminution constante de l'humidité dans
nos latitudes. La température devenait en même temps
plus froide, plus continentale et les saisons plus ex-
trêmes (i).
  J'ai eu l'occasion d'étudier en même temps que M. de
Ferry dans les alluvions modernes de la Saône, une
couche marneuse, pétrie de coquilles fluviatiles, qui, par
sa position géologique et quelques indices paléontolo-
giques, m'a paru se rapporter à la fin de l'âge du Renne.
C'est à dire qu'elle est peut-être contemporaine des stations
des Eyzies, de la Madelaine et de Furfooz. M.Bourguignat,
qui a bien voulu examiner des échantillons provenant de
ces marnes, y a déterminé 28 espèces, qui à l'exception de
quelques-unes (2), vivent encore en France. Cependant

   (1) Ces conclusions résultent en partie des savants travaux de M. G.
de Saporta et notamment de ses études sur la flore quaternaire.
   (2) Quelques espèces nouvelles sont particulières à ces marnes ; ce