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                           ET SON Å’UVRE                              367

historien de Bembo (8), penchant pour l'existence du
manuscrit, et surtout, en présence de l'épître ajoutée par
Aide aux exemplaires de l'édition de 1501 contre laquelle
s'élevaient alors des objections portant sur l'orthographe
et sur les variantes du texte admis par lui. De la lecture de
cette épître, il ressort clairement qu'Aide paraît absolu-
ment convaincu de la véracité de l'autographe qu'il a entre
les mains. D'ailleurs une lettre de Lorenzo de Pavia,
à Isabelle d'Esté, marquise de Mantoue, écrite de Venise,
à la date du 26 juillet 1501, donne des détails à son illustre
maîtresse sur les exemplaires de Virgile, Ovide et Pétrarque
qu'il était chargé de commander de sa part à Aide (9). Or,
Pavia, annonce à la princesse que ses exemplaires d'Ovide
et d'Horace sont prêts, mais non celui de Pétrarque, qu'on
est en train d'imprimer « lettre par lettre avec grand soin »
d'après le manuscrit. Celui-ci aurait été prêté par un habitant
de Padoue, ce qui est fort vraisemblable, puisque Pétrarque
est mort à Arqua, distant d'à peine six heures de Mantoue.
   Du reste en rapprochant l'édition de 1472, faite par
Valde, de celle de 1501, il est facile de voir que l'imprimeur
vénitien s'est servi du même texte.
   M. de Nolhac le démontre aisément. Il prouve que le
manuscrit fut seulement prêté à Aide en 15 01. Celui-ci le
retourna à Padoue, après s'en être servi. Ce ne fut qu'en
 1544 que le cardinal Bembo fut assez heureux pour se le
procurer, grâce aux recherches et aux comparaisons de


  (8) Turin, 1885.
  (9) Cf. Aldo Manuzio. Lettres et documents. Venise, 1867. Il est bon
de rappeler que la marquise de Mantoue savait le grec et tenait Virgile
en si grande dévotion, qu'elle voulait lui faire élever une statue dans la
cour de son palais.