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# POÉSIE. Bourreaux ! ne touchez pas aux têtes couronnées ! (1) Chinard vint à Lyon, la Terreur sévissait ; En proie aux furieux, la France périssait ! Chargé des ornements de leurs cérémonies, Son fin ciseau créa des lions, des génies, La Renommée antique acclamant nos guerriers Et la Victoire ardente, au milieu des lauriers. Emblèmes gracieux, marbres incomparables!... Mais les tigres ont soif, il leur faut des coupables ! Chinard est accusé de tiédeur, de complots ; Il doit offrir sa part du sang qui coule à flots ! Atteint, mis au secret, dans un cachot sinistre, Ce grand nom est inscrit sur l'odieux registre. Victime dévouée au violent trépas, Il saura tout subir et ne faiblira pas. U r , inspiration subite, originale, Pourra-t-elle adoucir cette cour infernale? Dans son isolement, il ne voit qu'un geôlier ; Mais l'or transformera le farouche hôtelier. L'amour de l'avenir, quelques morceaux d'argile Ont fait naître en son âme un espoir bien fragile. Préparant un chef-d'œuyre, il lutte avec transport ; C'est le dernier combat, c'est le dernier effort !... Fier et puissant génie, accours briser sa chaîne ! Des iniques bourreaux la sentence est prochaine ' Au jour, se signeront de nouveaux jugements ; Procès mystérieux, tragiques dénoûments ! Chinard, pendant la nuit, fait une allégorie. Ce beau modèle, admis à la conciergerie, Présentait la Justice et ses doux attributs, Qui paye aux innocents de maternels tributs : La colombe a brisé le lien qui la Messe, '!) Allusion à la m?>rt de Louis XVI.