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338           IX PAGE DU BARON DES ADRETS.

dévastateur. Montbrun juge que la possession du village
lui sera utile; par une attaque brusque il s'en empare et,
grâce aux richesses qu'il y trouve, grâce aux troupeaux
qui y étaient enfermés, il voit l'abondance régner dans
son camp.
  De ce poste qu'il fortifie, Montbrun surveille les val-
lées; rassuré sur une diversion qu'il ne redoute pas
mais qu'il doit prévoir, il tourne enfin toute son atten-
tion sur la conduite du siège.
  Du haut de la colline qui domine la forte cité, l'artil-
lerie ouvre son feu. Les couleuvrines frappent de leurs
boulets les maisons qui s'écroulent, la sape ébranle les
murailles avancées, les travaux des mineurs se poussent
avec ardeur, mais Rébé veille ; partout des contre-mines
arrêtent les assaillants, partout de hardis soldats réparent
les broches commencées, partout la voix du chef intré-
pide rassure les femmes et exalte l'énergie des combat-
tants. Dès les premiers jours, les huguenots, rudes
guerriers, s'aperçoivent que la conquête de Thizy
sera laborieuse et qu'on aura de la peine à dompter le
cœur des soldats enfermés dans ses murs. La langue de
terre étroite qui lie la ville à la montagne est protégée
par des tours dont les ruines elles-mêmes seraient un
obstacle infranchissable; sur les autres points, la sape et
la mine détruiraient terrasse après terrasse que les as-
saillants ne pourraient gravir la montagne pour parve-