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                  VIEUX CHATEAUX DU LYONNAIS.                       141

attachant dix livres de rente en fonds, et cela suffisait pour
l'entretien d'un gentilhomme. À la même époque, les cha-
noines de Lyon avaient seulement de 15 à 30 livres de
rente. La pension ie 18 livres, accordée par le roi à Jean
d'Albon, n'était donc point une récompense sans valeur.
   Jean d'Albon vivait encore en 1349, époque où il assista
au mariage d'Agnès d'Albon, sa parente, fille de Henri,
seigneur de Saint-Forgeux, avec Mathieu de Talaru (1).
Sa mort n'est pas postérieure à 1357, car déjà l'année sui-
vante, sa veuve, Marguerite d'Oingt, fille de Guy, seigneur
d'Oingt et de Fleur de Lys de Varey, s'était remariée à Jean
de Laye, seigneur de Saint-Lagier (2).
   Le testament de Marguerite d'Oingt, qui porte la date du
19 décembre 1383, nous apprend que Jean d'Albon fut in-
humé à Lyon dans l'église du couvent des Jacobins. Il ne
laissa qu'un fils nommé Etienne, dont la minorité fut ora-
geuse. A peine sa mère eut-elle contracté un nouveau ma-
riage, que Thibaud, frère puîné de Jean d'Albon, préten-
dit à la tutelle de son neveu. Mais une sentence de l'an
1361 rejeta sa demande et la tutelle d'Etienne fut confiée à
Henri d'Albon, seigneur de Saint-Forgeux, fils de Guy, sei-
gneur de Curis. Malheureusement cette tutelle ne dura
guère. Henri, qui testa le 11 août 1361, au moment de son
départ pour l'armée du roi, mourut dans cette expédition
et laissa ainsi son pupille et son fils Guillaume livrés aux
attaques incessantes de Thibau. Etienne, religieux de
Savigny, frère de ce dernier, Henri d'Albon, moine de l'Ile
Barbe, et Humbert d'Albon, seigneur de Pollionay, réus-
sirent, par leur médiation, à étouffer le différend (1363).
Mais au milieu de tous ces conflits, Thibaut s'empara par
force du château de Châtillon, et enleva tout ce qu'il ren-
fermait de plus précieux : bijoux, meubles, armes et objets
d'équipement.

  (1) P. Anselme. Histoire des grands Officiers de la Couronne, VII, p.
203 et s.
  (2) Bediii. Fief de Pnmy, p. 29.