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RÉFLEXION SUR LA PEINTURE
SPÉCIALEMENT
SUR LES MATIÈRES EMPLOYÉES PAR LES PEINTRES *
Quelques peintures du siècle passé et du commencement
du nôtre ont été exécutées simplement avec des couleurs
délayées dans les huiles naturelles, comme celles de lin,
de pavot, de noix, sans aucune addition de sel de plomb
pour les rendre siccatives. Ces peintures, celles qui n'ont
pas été recouvertes d'un vernis , ou celles qui l'ont été
d'un vernis trop maigre et insuffisant pour les nourrir
et les conserver, se sont desséchées, ont pris l'apparence
de la détrempe et, comme elle, sont devenues mates et
friables,tombant en poussière au moindre grattage. Qu'est
devenue l'huile de ces peintures ? il n'en reste pas d'appa-
rence : elle a été absorbée par l'excipient sur lequel elle
était appliquée et par une action chimique de l'air et de
(*} Il n'est personne qui n'ait remarqué cette affreuse maladie des
gerçures qui déshonore et détruit presque toutes les œuvres de pein-
ture de nos artistes, depuis le commencement des siècles jusqu'à nos
jours.
En face de ce fléau, nous croyons devoir publier les notes suivantes,
fruit de la longue pratique et de la vieille expérience d'un de nos
plus célèbres artistes lyonnais. C'est presque un traité complet de
la matière, où l'on trouvera la cause du mal et les moyens de l'éviter.
A. V.