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HISTOIRE LITTÉRAIRE DE L ï O N . 117
IL
1° Clémence de Bourges, que du Verdier surnomme la
perle des damoiselles lyonnaises, ne fut pas moins habile
en musique qu'en poésie ; plus d'une fois elle eut l'hon-
neur d'être présentée à nos rois. D'après l'historien de
Rubys, c'était une perle vraiment orientale. Le ciel enleva
Clémence de Bourges à la fleur de l'âge (en 1557). Elle
•avait été promise en mariage à . un jeune homme, Jean
du Peyrat, capitaine des chevaux légers, tué sous les
murs de Beaurepaire en Dauphiné, en combattant pour
son roi et sa religion. La nouvelle de cette mort porta
un coup terrible à Clémence de Bourges , qui mourut de
douleur quelque temps après.
2° Jeanne Gaillarde liorissait sous le règne de Fran-
çois I er ; sa plume délicate et légère mérita d'être appelée
par Marot une plume d'or :
D'avoir le prix en science et doctrine
Bien mérita de Pisan la Christine
Durant ses jours. Mais ta plume dorée
D'elle seroit à présent- adorée ( t ) .
La gracieuse Lyonnaise répondit en ces termes au com-
pliment du poète :
De m'acquitter, je me trouve surprise
D'ung foible esprit. Car à toi n'ai scavoir
Correspondant. Tu le peux bien scavoir
Veu qu'en cet art plus que autre on te prise.
Si lusse autant éloquente et apprise,
Comme tu dis, je ferais mon devoir
De m'acquitter.
(1) Ce rondeau de Marot a pour titre : A Madame Jehanne Gaillarde de
Lyon, femme de bon scavoir.