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                            CHRONIQUE.



    Mercredi i e r décembre, le nom du général Précy retentissait dans l'enceinte
de la police correctionnelle. La Revue du Lyonnais était poursuivie, à la re-
quête du sieur Pérenon, se disant homme de lettres, pour avoir reproduit dam
sa livraison de septembre une lettre du général sur la sortie des Lyonnais à
l'issue du siège de g3. Cette narration avait été communiquée au directeur de
la Revue, par M. Perret Lagrive, et donnée comme inédite. Cette copie était
en sa possession depuis r8or. Elle lui avait été remise à cette époque par
M, Hippolyte Rousset, trésorier de la ville. Il en existe plusieurs autres
exemplaires manuscrits, avec quelques variantes, entre les mains de quelques-
uns de nos compatriotes.
    M. Pérenon accuse M. Léon Boitel de plagiat littéraire et de contrefaçon
pour avoir reproduit, en 1847, cette lettre qu'il avait imprimée le premier
en 1825, à la suite d'un poème historico-didaclique sur le Siige de Lyon. Il
prétend que cette lettre est sa propriété ; qu'elle avait été adressée à son
père, et que de plus elle avait été rédigée et augmentée par lui sur des note9
fournies par le général lui-même.
   Enfin, son avocat, M e PEZZANI, conclut à une indemnité de a,5oo fr., aux
frais et à l'insertion du jugement dans les journaux de la cité.
    M. Léon Boitel présente lui-même sa défense. Il argue d'abord de sa bonne
foi, et se reconnaît coupable seulement envers ses abonnés, auxquels il a
donné comme inédit, sauf une seconde partie, ce qui avait déjà, en 1825, paru
incognito sous le voile de la poésie de M. Pérenon. Il croirait avoir agi dans
les limites de son droit, alors même qu'il aurait connu la première publication
faite par M. Pérenon, car le document historique dont il s'agit n'appartient à
personne, il appartient à tout le monde; il est du domaine de l'histoire. Si les
droits d'un auteur sont périmés dix ans révolus après sa mort, qui donc osera
venir s'emparer ici de la correspondance du général Précy et s'en faire un
prétexte à une demande pécuniaire? M. Pérenon fait plus à cette heure. Il se
prétend l'auteur de cette lettre qui a été, selon lui, adressée à son père et
qu'il a grossie, dit-il, avec des notes du générai. Des titres authentiques, il
n'eu fournit aucun, et il ne peut en fournir. Car ou la lettre du général Précv
 est de la composition de M. Pérenon et il aurait eu le tort delà donner en 182 5