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D'UN POÈME SUR LA PASSION. 493 Grans sopirs gita de profont ; Seigneur e t , y appuyant son La bêle ploire ses peschiés ; front, elle pleura ses péchés , Grant dolor out moût li flct griés. émue de douleur et poussant de Pour ses pechié la bêle plore ; profonds soupirs. Dieu l'aperçut Et Diex laperceut en cette heure, alors, mais n'en témoigna rien, ni à ses Apôtres, ni à la foule, Mas onques Diex nen fit semblant bien que l'action de Madeleine A ses apostres na sa gent ; lui fût agréable. Les larmes de Et non pour quant formant li plèt la pénitente coulent sur les Ceu que la Madaglène fèt. pieds de Jésus, notre Père, que Sus les pies Jhu, notre père, Madeleine essuie avec ses che- De ses yeulx descent laigue clere ; veux , après les avoir lavés , Trestout enmiout les lava, remplissant toute la maison de De ses cheveux les ressuia ; l'odeur du parfum qu'elle a ré- De loignement et de lodor pandu. Mais les Juifs ont aperçu Rampli la maison tout entour. Hlarie aux pieds de Jésus. . . . Mas li juif ont perceue Marie et céans lont veue, Dieu connut bien les malveil- Qui sestait es priés Jhu mise. lants et leurs méchantes inten- tions, et, voyant Simon qui était de ses hôtes, il l'appela : « Si- Diex cognut bien les mescréans mon, dit-il, or, écoutez : Je sais Dou li conciles fut si grans ; fort bien ce que vous pensez. Symon apela que il voit Vous parlez de cette femme qui Pour ce que ses hostes estoit. s'est mise à mes pieds que je lui Symon, dit il, or escoutés : laisse toucher e t , parce qu'elle Je say moût bien que vous penses : est une grande pécheresse, vous Vous parles de ceste moillier en éprouvez un grand ennui; Que je lays a mes pies touchier, mais elle /n'aura fait aujourd'hui Qui à mes pies sest icy mise, plus de bien que vous ne m'en Pour ce quele est si perrise, avez fait, Simon, et sachez que Si vous tourne a moût grant anuL son action me plaît beaucoup. Mas plus de bien maura fet hui, Quand je fus reçu céans, tu ne me lavas pas les pieds, bien Symon, que vous ne m'avez fet ; qu'ils fussent entamés et cre- Et bien saichiez que moût me plest; Quant je fui céans abergiez, Tu ne me lavas pas mes piez, Car vandus ai et decrefés ;