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486 UN CHAPITRE INÉDIT est rempli, veulent rentrer dans l'ordre régulier et légal, et d'autres qui poursuivent un but plus éloigné ou môme veu- lent l'insurrection pour elle-même, ou du moins pour l'espèce de dictature qu'elle donne aux gens d'action. Ceux-là pro- clamaient que la Révolution du 10 août était incomplète ; au fond, ils avaient des buts très divers, et sans doute leurs idées confuses en politique offraient le germe de partis opposés. Pour le moment, ils s'unissaient pour exploiter les passions les plus ardentes du peuple, et surtout ce sentiment de colère et de vengeance qui était le mauvais côté de son exaltation révolutionnaire. Les fédérés de Lyon, qui avaient coopéré au combat du 10 août, revinrent apportant avec eux tout ce qu'ils avaient recueilli d'exagéré dans les sociétés populaires de Paris. Avec eux, reparut Chalier qui, resté à Paris depuis l'arrêté qui l'avait suspendu de ses fonctions municipales, avait rapporté et fait enregistrer pompeusement le décret qui le rappelait honorablement à ses fonctions. Chalier était parti de Lyon , ami de Vitet et de Roland. Mais Roland était l'homme actif et courageux qui luttait contre le débordement des nouveaux révolutionnaires. Il avait encouru leur haine implacable, et Chalier revenu à Lyon, furieux contre les Rolandins, ne pou- vait se rallier ni à cette municipalité où l'on ne jurait que par le nom du ministre, ni à Vitet, qui professait hautement ses liaisons intimes avec l'homme d'Etat de la Gironde. Le parti appelé à Lyon jacobin , parce que les hommes qui le fondèrent se rattachaient par leurs idées à la société des Jacobins de Paris, ou Sans-Culottes, parce que, à l'exemple des Gueux* il acceptait comme honneur une qualification de mépris, ou patriote, suivant celle dont il se parait, ou anar- chiste, suivant le langage de ses adversaires, a succombé le 31 mai 1793, après une lutte très violente. Alors, ses cor- respondances et ses papiers saisis par le parti vainqueur,