page suivante »
DIJON. 393 cité fashionnable et douce ; mais la fanfaronnade, la jaclance, l'esprit de coterie, les prétentions à paraître ce qu'on n'est pas, les vanités, ces marques de l'impuissance, occupent ici une place relativement trop grande, et diminuent les avan- tages qu'offre au choix des hommes disposés à vivre de loi- sirs et de penchants élevés, dans un centre harmonieux et tranquille, une ville si noblement habitée, si jolie, si illus- trée par son passé, si pleine d'air et de lumière. Les Dijon— nais sont, en particulier, ce qu'est la cité en masse : ils posent toujours, ils sont sans cesse en représentation : peu leur im- porte la réalité, s'ils donnent l'apparence : de là des mœurs guindées et collet monté, de là plus de politesse que de véri- table cordialité : de là cette absence trop générale d'habitudes hospitalières qui caractérisent tous les autres centres de po- pulation de la vieille Bourgogne. On voit qu'en tout et pour tout, Dijon est la contre-partie de notre sainte et grave métropole de Lyon. En ce moment, au milieu de l'engoûmenl pour les che- mins de fers, dont s'est éprise une partie notable de la popu- lation dijonnaise, au milieu de tous ces rêves d'une ville où rien n'est préparé pour l'industrie, et qui veut absolument devenir industrielle et marchande, il se fait, en dehors de l'es- prit mesquin et bourgeois, représenté par le Conseil munici- pal, un noble mouvement d'idées ; on songe à consacrer un monument à la mémoire de saint Bernard. Cette idée appar- tient au frère du P. Lacordaire, jeune architecte d'avenir et de talent, qui a conçu tous les projets et propagé cette grande et digne pensée, qui sera entendue et comprise à Lyon, nous ne le mettons pas en doute ; à Lyon, ville de foi, où l'on considère l'illustre saint, non seulement comme une gloire dijonnaise, mais comme une gloire de toute l'Eglise de France. C'est M. Lacordaire qui a bâti à ses frais, hors des murs de Dijon, un nouveau quartier consacré à saint Bernard. Le Con-