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232 DE L'ENSEIGNEMENT RÉGULIER convenance et de la disconvenance, c'est-à -dire du bien et du mal, et la mère attentive saisit la première occasion d'en déduire celle du Dieu qui a fait tout ce que son enfant voit, qui voit tout ce qu'il fait, et qui le récompensera ou le pu- nira selon qu'il aura bien ou mal agi. Ainsi, de tous les objets d'enseignement, il n'en est aucun qui soit plus propre que le langage à développer les facultés intellectuelles et mo- rales de l'enfant, et quoique cette vérité soit reconnue de- puis bien longtemps, et qu'elle ait déterminé le choix des langues pour servir de base à l'enseignement, il faut recon- naître, d'une part, qu'on n'en a pas tiré toutes les heureuses conséquences dont elle était susceptible, et, d'autre part, que l'enseignement de la langue maternelle, en particulier, n'a produit à cet égard que de faibles résultats, et réclame, pour amener tous ceux qui en doivent découler, une réforme fon- damentale. Le Père Girard, après avoir montré les défauts et surtout les lacunes de la méthode actuelle , qui ne semble s'attacher qu'à occuper l'esprit de l'enfant des formes particu- lières de certains mots, des exceptions aux règles, de l'orto- graphe, et qui néglige presque complètement les notions do grammaire générale, le mécanisme de la proposition, qui surtout n'envisage dans les mots que leur forme, sans y joindre l'idée qu'ils doivent représenter, propose une nouvelle marche plus rationnelle, plus instructive, plus complète, et qui aurait en particulier l'avantage de s'adapter au dévelop- pement de l'intelligence et à la culture du cœur. Celte méthode consiste à faire marcher de front l'étude de la grammaire et celle du vocabulaire, de sorte que l'enfant n'emploie jamais que les mots qu'il comprend ; à ne pas étu- dier isolément les diverses parties du discours, mais à les combiner toujours entre elles, à ne présenter les verbes qu'ac- compagnés de leurs sujets et de leurs régimes, et à n'en in- diquer les modes et les temps qu'à mesure qu'ils peuvent