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404 BIBLIOGRAPHIE. Dès que les Grecs ( à peu près cinquante ans après la guerre de Troyes } eurent érigé des temples à Esculape, les prêtres de ce dieu devinrent les seuls médecins, sous le nom d'" Asctipiades ( nom tiré de celui des temples nommés Asclépions ). Cet exercice de la médecine, par les prêtres, peut se diviser en deux époques. Dans la première, qui s'étend jusqu'à Hippocrate, quelques- uns, par leurs observations, rendirent d'utiles services à la science; dans la seconde, qui va jusqu'à l'établissement du Christianisme, ce ne fut plus qu'une jonglerie grossière. La situation des temples était favorable à la guérison des malades qui, avant d'être admis en présence du Dieu, étaient soumis à diverses pratiques. Après ces préliminaires, on les introduisait, de nuit, dans le temple, et il est probable que ces hommes, à moitié endormis, croyaient entendre réellement les Oracles d'Esculape, dans les paroles prononcées par les prêtres. Les songes ne se manifestaient pas seulement dans le temple ; quelquefois aussi on en recevait chez soi ; on voyait ou le Dieu lui-même, ou, ce qui a paru impossible, même au crédule ArtémiJore, les remèdes qu'on devait employer. Les prêtres connaissaient l'influence du changement de climat sur la santé, et en fesaient usage. Pendant que leurs malades dor- maient, ils leur faisaient diverses applications sur le corps. Ceux qui avaient été guéris offraient au Dieu de riches présents ; ou, laissaient, dans son temple, un simulacre du membre ou de l'organe malades, avec quelques paroles attestant la guérison. Les Âsclc'piades formèrent des collèges, et les étrangers, qui voulaient en faire partie, se faisaient initier et prêtaient le serment de Silence. Ils tinrent aussi des écoles. Les plus célèbres étaient celles de Cnide, qui a produit les Semences Cnidiennes et de Cos, d'où est sorti Hippocrate. Les prêtres n'exer- cèrent d'abord leur art que dans les temples ; mais, plus tard, ils en- voyèrent plusieurs d'entre eux parcourir la Grèce, sous le nom de Pc'rioden- les ( ambulants ) . Les philosophes, et, à leur tête, Pythagore, commençaient, au temps d'Hip- pocrate , à enlever aux prêtres le monopole de la médecine ; bientôt ce ne fut plus un mystère, mais une science. Du reste, Esculape n'avait pas seul le privilège de rendre la santé; plusieurs autres dieux en jouissaient. En Egypte, les malades couraient aux nombreux temples de Sérapis ; ses prêtres avaient composé un code de médecine, duquel nul d'entre eux ne devait s'écarter. Chaque prêtre traitait un seul genre de maladie. Ils élevaient des serpents dans les temples, comme de vivantes images du Dieu de la santé. Chez les Juifs, la médecine fut longtemps sacerdotale ; les prêtres des Indiens et des Perses, et les Druides des Gaulois exerçaient aussi cette science.