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DE LA PHRÉNOLOGIE. 87 lui l'intérêt de détails suffisants et la manière sobre d'un ri- goureux résumé. Aussi, tout passe-t-il en revue. Après Gall, vientSpurzheim;Spurzheim, premier apôtre du nouvel Évangile qui, le premier, aussi, déchire la tunique sans couture de son maître, et, sous prétexte d'introduire une nomenclature plus logique, bouleverse les augustes découpures, porte à trente-cinq au lieu de vingt-sept les facultés primitives , classifie, divise , subdivise, subit l'anathôme du père et s'en va, hérétique impénitent, planter sa doctrine dans le Nouveau-Monde plus disposé à la foi que l'ancien. Après Spurzheim, vient enfin Broussais : Broussais, l'homme de la localisation, l'homme qui, méprisant le moi de Descaries, s'étonne que les philo- sophes raisonnent d'après le témoignage de leur conscience ! l'homme, enfin, qui en vient jusqu'à réhabiliter la dégoûtante absurdité de Cabanis, qui veut que la pensée soit sécrétée par son organe, le cerveau, comme l'estomac opère la digestion, et le foie filtre la bile. Parmi tant d'autres, il y a bien eu encore un M. Vimont, qui a broché sur le tout et qui a voulu départager ses deuxchefs, à la façon de Perrin Dandin: car il pourrait condamner un chien aux galères, comme on va le voir. Il prend un mezzo- termine charmant entr'eux deux et n'admet que ving-neuf fa- cultés ; mais, chose admirable ! il esl parvenu à les inscrire sur le crâne... d'une oie : heureuse bête ! On cite des maî- tres d'écriture qui écrivent tout le Pater sur leur ongle ; vraiment M. Vimont est leur maître à lous... Tels sont cette doctrine et ces docteurs si vantés, réduits, il nous semble, à leur valeur réelle. Que restera-t-il de tout ce mouvement scientifique ? une meilleure analomie générale du cerveau, l'attribution à l'in- telligence, des lobes ou hémisphères cérébraux, pour organe exclusif et indivisible; voilà tout. Gall aura provoqué et hâté le progrès de ces vérités contre ses théories. Le cerveau réa-