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                     I.A CROIX DE MARBRE.                     225

terdits, les étrangers n'osent plus rien entreprendre, et leur
inaction fournit le plus éclatant témoignage de l'hostilité des
intentions qui leur sont imputées.
   L'événement prouva bientôt qu'il était entré autant de
prévoyance que de courage dans celte audacieuse résolution.
Les négociations ouvertes entre le roi de France et l'empe-
reur n'aboutirent à aucun résultat, et, par la.rupture de la
trêve, la position de Charles de Savoie demeura aussi équi-
voque, aussi précaire qu'auparavant. Ce prince ne recouvra
aucun des forts dont les deux adversaires s'étaient emparés
sous divers prétextes, et l'on peut établir sans témérité que
ce fut à l'héroïque désobéissance de ses sujets qu'il dût la
conservation de la ville et du ehâteau de Nice. Lui-même
eut la sagesse de le comprendre, et, ajoule-t-on, le mérite
plus grand encore d'en convenir après la bataille de Saint-
Quentin. Tels sont les faits glorieux dont la mémoire est in-
séparablement liée à l'érection de la Croix de marbre.
    La simplicité de ce monument, les souvenirs patriotiques
qu'il rappelle, ne le sauvèrent pas des fureurs du vandalisme
révolutionnaire. La Croix de marbre fut abattue en 1796;
mais une dame française qui portail avec honneur deux noms
illustres, Mme de Villerieuve-Ségur, conduite à Nice en 1810
pour le soin de sa sanlé, la fit restaurera ses frais, telle qu'on
la voit aujourd'hui.
    Un autre monument beaucoup plus moderne se fait remar-
quer en face de celui dont nous venons de parier. C'est une
colonne d'ordre étrusque, en marbre blanc. Elle aussi est
destinée à rappeler le passage d'un pontife dans les murs de
Nice. Mais ce pontife fut le pieux et infortuné Pie VII, dé-
livré par la chute du gouvernement impérial, en 1814, de
l'indigne captivité dans laquelle il était depuis longtemps re-
tenu. Toutes les classes de la population se portèrent avec
enthousiasme à la rencontre de ce vénérable vieillard. On dé-
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