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                               DE


       LA MAUVAISE SANTÉ

                   DE SES AVANTAGES.




    Qu'un de ces êtres à carrure formidable, au teint frais, à
 l'Å“il brillant, qui ignore son estomac et n'a jamais senti
 sa poitrine, qui mange pendant le jour, dort pendant la nuit,
 et n'a d'autre occupation que l'effort qu'il fait pour velouter
 d'une indolence lisse et soyeuse la route unie de son exis-
 tence ; qu'un de ces colosses tombe sous les atteintes d'une
 gastrite ou autre maladie de l'appareil digestif (ils ne con-
naissent guère que celles-là), il pleure son embonpoint, ses
couleurs vermeilles, et ses jours si gras. Il se fait un en-
nemi du temps, et ne voit dans la durée de son mal que
des heures perdues pour ses jouissances sensuelles. Bientôt
à l'affaiblissement douloureux du corps vient se joindre l'en-
gourdissement de l'esprit; machine sans force et sans vo-
lonté, la partie la plus noble de lui-même demeure captive
et sans vie, tandis que celle qui agit encore redouble ses
douleurs. Alors il tombera dans ce terrible abattement de
l'ame, dans cette torpeur du cœur, dans cette indifférence