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surtout. L'auteur retrace, en un tableau vif et animé, l'histoire de ces
grandes familles de marchands et de banquiers qui vont donner, au
bout de quelques générations, des grands seigneurs à la France : les
Laurencin chez lesquels Bayard s'équipe pour son premier tournoi, les
Capponi, dont l'un, pendant la grande famine de 1573, nourrir, pen-
dant trois mois, quatre mille pauvres de la ville de Lyon, les Gadagnc
acquéreurs des villes et seigneuries de Saint-Galmier, Saint-Héand, à la
proverbiale fortune (on disait : riche comme Gadagne), les Gondi,
ancêtres du célèbre cardinal de Retz. Telle était la disproportion entre la
fortune de ces bourgeois et les faibles capitaux de la noblesse de race
que, lors de la mise en vente des biens confisqués sur le connétable de
Bourbon, trente-sept seigneuries sur quarante passèrent en leurs mains,
dans les seules provinces du Forez et du Beaujolais, et le pays de
Dombes.
   « Quelles furent les conséquences de ce déplacement de propriété,
véritable avènement d'une nouvelle classe politique ? L'auteur en
expose fort bien quelques-unes. Les acquéreurs de seigneuries et de
fiefs vont devenir les meilleurs auxiliaires de la royauté dans son
œuvre d'unification politique. Ils n'ont pas les préjugés de race. Ils ne
cherchent pas à retenir des lambeaux de souveraineté. Il leur suffit
de se rapprocher de la couronne et d'exercer la part d'influence et
d'autorité qu'elle leur confère dans ses conseils et ses magistratures.
Durant la Ligue, Henri IV n'a pas de plus fidèles appuis que les
Gadagne, les Camus, les Scarron.
   « En même temps qu'ils soutiennent le roi et fortifient le pouvoir
central, ils enrichissent le pays. Ils l'enrichissent par la mise en valeur
des terres, par une culture meilleure, par les somptueux châteaux
qu'ils édifient, par le train de vie qu'ils mènent
   Nous n'ajouterons rien à cette appréciation, qui donne une si haute
idée de ce mémoire, digne, à tous égards, de l'attention de ceux qui
attachent un véritable intérêt à l'étude de notre histoire locale.


                                                    Paul DE MURCY.