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92            CHAZAY-D'AZERGUES EN LYONNAIS

 La Chana, du sieur Lacoste, en 1808, et les revendit, en
  1836, à M. FrançoisPagani; à ce moment on déchargea le
 Mâs-Micollier et la chapelle de la rente de huit livres en
 donnant a la Fabrique la somme de 165 francs (18).
    Les visites à Chazay des abbés seigneurs devenaient de
 plus en plus rares ; c'est à peine si chaque année ils appa-
 raissaient une fois pour surveiller la bonne administration
 du domaine, passer quelques baux, renouveler leurs droits
 seigneuriaux, mettre en ordre les terriers, prendre des
 mesures de police et pourvoir à la justice (19).
    Ce fut là comme ailleurs un mal sérieux à l'approche de
la Révolution Française. On ne voyait plus le seigneur con-
 soler par sa présence les tenanciers et soulager leur misère.
L'indifférence fit bientôt place à la haine envers ces grands
seigneurs qu'on ne connaissait que par les cens, servis, etc.,
qu'ils faisaient toucher pour aller dépenser leurs revenus à
Lyon ou à Paris.
   Une bourgeoisie nombreuse et riche, travaillée par les
écrivains rationalistes et impies du xvm e siècle, préparait la
révolution, qui arrivait à grands pas. Le paysan lui-même
supportait avec impatience cette multitude de droits, lods
et milods dont il désirait affranchir ses terres. On discutait
les droits féodaux, les impôts, cens et servis ; on attaquait
les privilèges de la noblesse et du clergé ; tout en un mot
préparait les esprits aux idées nouvelles qui allaient boule-
verser la France.
   Chazay se ressentait vivement de l'abandon de ses sei-
gneurs, la vieille demeure abbatiale voyait se produire de
graves dégâts, et des réparations sérieuses paraissaient


 (18) Archives. Pagani. Chazay.
 (19) Arch. du Rhône. Ainay, 2e arm., fol. 368, ch. 6 bis.