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NOTES DE L'ABBÉ RANCHON 3 17
et 1789 pour le soulagement des ouvriers ; malgré ces
secours, les campagnes abondent en pauvres qui sortent de
Lyon. Tous les corps et Parlements sont soulevés. On
attend la tenue des États-généraux pour régler et mettre
ordre aux finances.
M. Necker, controlleur général, homme de bien, fait
l'unique ressource qu'on puisse espérer. Le S r Ranchon,
curé, n'a point de procès avec les seigneurs-comtes de
Lyon ; l'église est en bon état.
Le dégel est arrivé le 13 janvier par un vent impétueux,
les glaces du Rhône ne sont parties que le 16 janvier; elles
ont cassé et entraîné sept moulins à farine, cassé les autres,
entraîné une fabrique de chocolat et une autre fabrique de
teinture en cotton aux ouvrages Perrache. Le pont a été
cassé et non entraîné.
Le 17 janvier, jour de S' Antoine, j'étais à Lyon lorsque
les glaces de la Saône partirent; la désolation était répandue
partout ; à midi et demi les glaces arrivèrent en si grande
abondance, qu'elles s'arrêtèrent au pont de Serin, pont
construit par la charité de Lyon près les premières portes
de Vaise ; elles s'accumulèrent tellement qu'elles renver-
sèrent totalement ledit pont de bois, très fort, sur lequel
les plus grosses voitures passaient, et ce pont fut enseveli
sous les glaces ; sa chute éleva les eaux et les glaces de
façon que tous les bateaux, plattes, furent fracassés,
entraînés, et passèrent sous le pont SJ Vincent et sous celui
de pierre, et tout a été perdu.
Le 20 janvier, le vent tient toujours très fort, la Saône
est très débordée, les farines sont très chères ; elle vaut en
Vaise 8 livres 15 le bichet, les vins de 10 à 12 livres l'ânée.
Le pont S1 Vincent n'a été qu'endommagé, 'ainsi que celui
d'Ainav.