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                NOTES DE L'ABBÉ RANCHON                    223

nant un logement, ainsi qu'au curé. Il y a apparence que
cette affaire aura des suites juridiques.
   Du 3 janvier 1788, il est une cessation dans les ouvrages
en soie dans la ville de Lion, à cause de la cherté des soies,
qui a réduit plus des trois quarts des ouvriers à mendier
leur pain. Il s'est fait une quête dans la ville ; pour ce, les
vins ne se vendent pas. Le beurre se vend 15 à 16 sols la
livre, les Å“ufs 12 sols la douzaine, la viande 6 sols la livre.
L'hiver n'est pas très rigoureux. Les tailleurs de pierres de
la paroisse ont renvoyé leurs ouvriers parce qu'il n'est point
de nouvelles constructions à Lion, à cause de la cessation
de la fabrique et des droits royaux qu'on exige. On vient
de faire afficher à Lion des défenses aux propriétaires des
maisons d'exiger les loyers des ouvriers en soye jusqu'à ce
que les tems soient plus favorables. Le Parlement a été
exilé à Troyes en Champagne, en août 1787, pour avoir
refusé d'homologuer les édits du timbre et de l'impôt terri-
torial ; a été rappelé à Paris selon les souhaits de la nation,
en septembre, et a repris ses fonctions. Le roi a révoqué les
susdits édits et a fait mettre de l'ordre dans les finances, a
nommé Mgr de Brienne, archevêque de Toulouse, pour
premier ministre, à la tête d'un bureau des .finances. On
espère que le susdit de Brienne sera aussi grand que ses
ancêtres.
   Du 10 octobre 1787, on observe qu'il n'est point encore
de vicaire à S' Cire, depuis la fin juin dernier, parce que le
Sr curé n'ayant point de logement payé par la paroisse, ni
pour lui ni pour son vicaire, refuse d'en recevoir un jusqu'à
ce qu'on lui rende la justice qui lui est due. Le S r curé
refuse encore de le nourrir ; il ne fera point de quête ni
cette année ni dans la suite ; elle sera pour le vicaire qui se
rangera avec les paroissiens. Les choses en sont là ; il n'y a