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152 NOTES DE L'ABBÉ RANCHON isles, lequel blé a nourri toutes les provinces de la généra- lité de Lion, même la Savoie et la Bourgogne. Pendant deux ans, le prix le plus haut a été de 10 livres le bichet, le plus bas à 7 livres, mais on a observé que ces bleds font beaucoup de pain, parce qu'ils sont pesants et rendent peu de son. On assure qu'il est des bleds à Lion conservés par ledit M. Chirat, échevin, pour nourrir la ville pendant toute l'année 1772, ce qui facilitera les campagnes à consommer chez elles leurs denrées. Il est parmi les grands comme parmi le peuple, gens qui ne cessent de publier et d'annoncer leur reconnaissance pour ledit M. Chirat (2). Pareil citoyen mériterait de la part du prince, non des éloges, mais une récompense qui fût capable d'animer les bons bourgeois à agir ainsi en pareille circonstance. Son désintéressement a été prouvé à tel point que, bien que selon les règles du commerce, il eut pu se rendre propres plusieurs sommes considérables provenantes de la négociation des lettres de change, il a refusé cet avantage et s'est cru bien récompensé d'être appelé par les citoyens le Joseph de la patrie. Le 24 mai 1772, la grêle est tombée dans la paroisse; quoiqu'elle fut d'une grosseur extraordinaire, elle n'a bien fait du mal que du côté de la Jardinière, Saint-Fortunat, Monthoux. Du 29 octobre. — La récolte en vin a été abondante depuis Vacco jusqu'au Château, le quartier de la Chaux a eu grande quantité de vin. (2) « Chirat (Jean-Antoine), écuyer, échevin en 1770, chef du Con- « sulat par intérim et recommandable par les services qu'il rendit dans « ces fonctions », Mpnfalcon. Hist. monumentale de Lyon, tome V, page 59-