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« PAUCA PAUCIS » 275 charmantes nouvelles. Nous espérons' que les pieuses mains de sonfilsaîné, littérateur dégoût lui-même, réuniront ses travaux en volume. Comme homme, c'était le type de la sincérité, de la loyauté, de l'amitié sûre etfidèle,et avec cela de la bonne humeur et de l'affabilité. Il a laissé à Lyon beaucoup d'amis qui ont gardé son souvenir, et n'apprendront point sa perte sans un profond chagrin. Je suis des quelques-uns à qui sont destinés ces quel- ques vers. Je le dis avec joie, et non sans orgueil. J'ai lu et relu ce volume et, certes, ce n'était pas avec la pensée d'en faire l'objet d'un article. Je n'avais cure que de ma propre jouissance; aussi je sens bien qu'au fond c'est d'elle que je vais surtout parler. Je n'ai pas l'honneur d'être Lyonnais, mais j'ai habité Lyon pendant de longues années. J'ai eu et, grâce à Dieu, j'ai encore dans cette ville d'excellents amis. Pour ne parler que des morts, l'amitié de Laprade a été une des meilleures pages de ma vie, et le souvenir de Jean Tisseur garde pour moi un charme inoubliable. Dans ce Palais du Commerce, dont je ne franchissais le seuil qu'avec la mine peu rassurée d'un intrus, j'allais trouver Jean à son cabi- net; il ouvrait un tiroir, et me lisait l'Iota, Y Arc-en-ciel. La vie a de ces heures exquises. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas l'esprit lyonnais; je veux dire que je n'ai pas l'humeur philosophante, et que je ne sais pas édifier une théorie à propos d'une œuvre d'art à juger. Qu'on me permette donc d'aller tout droit à l'œuvre elle-même. Il y a, dans ce