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               LE PAGE DU BARON DES ADRETS.              335

 décidé à profiter de l'occasion qu'il avait de s'enrichir,
 et du temps qui lui restait pour fuir au loin et mettre sa
 tôte et son butin à l'abri.
     Cependant, le baron moins souple et plus pesamment
 armé, avait monté moins vivement l'escalier ; le bruit
 des serrures qui se fermaient avait retentit douloureu-
 sement à son oreille et avait augmenté sa fureur. Il ar-
 rive enfin au haut de l'escalier : il heurte la porte,
 talonne, cherche à ouvrir, mais vainement. Il sent qu'il
 est prisonnier et s'irrite du danger qu'il court ; il ne sait
 s'il doit appeler ou s'il doit redescendre dans le caveau
 chercher une des torches qui l'éclairent. La pensée du
 spectacle hideux qui l'attend, le retient ; il hésite ; ré-
 fléchit ; il se décide enfin ; redescend, revoit cette clarté
 qui l'épouvante et qui le glace. Il s'approche d'un pas
 mal assuré, respirant une odeur fétide qui trouble son
-imagination autant que ses sens; il détourne la tète en
 passant près du moine embrasé, saisit d'une main faible
 la torche accrochée à la muraille, chancelle en passant
 de nouveau près de la tombe, et croyant entendre un
 faible bruit dont il ne peut se rendre compte, frappé de
  terreur, il voit le caveau tourner avec rapidité, les mu-
 railles s'ébranler, les dalles se dérober sous ses pieds ; il
 étend les bras, tourne sur lui-même et tombe évanoui,
  lâchant sa torche qui continne à brûler auprès de lui et
  faisant retentir les voûtes du caveau du bruit lugubre
  de sa chute.
                                   ANTONIN THIVEL.


          {A continuer-).