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226                  GRENIERS ET FOURS.

les murailles et les habitants de la cité, et encore, parce
que, en cas de blocus, la garnison parfaitement approvi-
sionnée, trouvant sous sa main et ayant chaque jour à
 sa disposition les moyens de faire cuire son pain, pou-
vait ainsi se passer des fours communs dont l'accès lui
 devenait impossible.
    L'exploitation d'un four public dans l'intérieur des
villes était -un privilège accordé aux seigneurs laïques ou
aux abbayes, afin qu'ils en tirassent un certain revenu.
Aussi jamais ces fours ne pouvaient être ouverts sans la
permission du seigneur suzerain. En général, ils formaient
un bâtiment isolé de toute part, afin d'éloigner les causes
 d'incendie. Chacun apportait là son pain pour le faire
cuire en payant sa redevance, car le propriétaire du four
 était obligé d'en faire à ses frais le chauffage. Cependant,
par une exception toute spéciale, les palais, les châteaux
 et les vastes maisons d'habitation ou ^châtellenies., avaient
 tous un four particulier placé dans leur enceinte, et c'é-
 tait presque toujours une des tours de ces habitations
 seigneuriales que l'on affectait à cet usage. Souvent
 même, suivant la disposition et la déclivité du sol sur
lequel elle était bâtie, elle contenait deux fours construits
l'un au'dessus de l'autre, le premier étant réservé à l'u-
sage spécial des maîtres, et l'autre restant pour le ser-
vice général des gens de la maison.
    Presque tous les villages du royaume de France eurent,
à une certaine époque, un four banal dont les habitants
disposaient dans un moment donné.
    En 1750, le consulat, pour subvenir à la cherté du pain,
avait fait établir des fours publics dans la ville de Lyon,
et ces établissements aussitôt formés, furent, comme
l'histoire nous l'apprend, d'une utilité incontestable pour
le soulagement de la misère qui sévissait alors. — Nous