page suivante »
1S2 ESQUISSE SUR M. D'AIGUEPERSE. quatre Bis lui furent enlevés. L'un d'eux avait accompli sa cinquième année, lorsqu'il périt par l'un de ces accidents fortuits qui ne surviendraient pas, s'il était donné à l'homme d'être sans relâche en sentinelle. Son désespoir fut profond; mais par une extrême délicatesse, il compatissait aux dou- leurs d'autrui sans parler des siennes. A la date de son mariage se rattache sa nomination de greffier du tribunal de Commerce de Lyon. Si nos lois et nos mœurs le lui eussent permis, il eût relevé ses fonctions au rang de secrétaire de notre ancien consulat. Rien ne manqua à la régu- larité et à la célérité de son service; sa rédaction était claire, concise et correcte. Il était important à une masse de créanciers de retrouver sa plume pour une vérification de créances, un concordat et un contrat d'union. À tout premier signal, il était prêt a reproduire aux juges amovibles qui se succédaient, les annales de leur jurisprudence. Promu, plusieurs fois, à la présidence du tribunal de Commerce, M. Bourbon voulut être l'ami de son greffier. L'une des hautes notabilités de notre place, M. Bourbon joignait à l'expérience qui s'y acquiert, ses éludes au barreau, première vocation de sa jeunesse. Sous lui, le tribunal de commerce fut une image de notre juridiction consulaire, que présidait jadis un avocat ayant à ses cotés le prévôt des marchands. Se restreignant par goût et par prudence à son ministère légal, M. D'Aigueperse n'était pas un juge qui distribue la juslice, ni un jurisconsulte qui l'éclairé. Si on l'eûl loué de qualilés qu'il n'avait pas, son âme sincère en aurait été blessée. Il avait laissé Domat, Polhier, Cochin et d'Aguesseau au château de Régnié, où ils étaient enfermés depuis le jour où son père avait cessé d'ôlre juge au tribunal de Villefranche. Mais il avait en son greffe, dans l'un des pavillons de l'Hôlel- de-Vil!e, une bibliothèque latine de poètes et d'historiens. Il y reportait la main aussilôf qu'elle était déchargée du papier