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310 CHEMIN DE FER Serait-il prudent d'y amener aussi l'immense mouvement des voyageurs et des marchandises qui circuleraient de Lyon Ă Paris et de Paris Ă Lyon ? N'est-ce pas assez pour un chemin de desservir tout le sud-ouest de la France, faut-il l'appeler encore Ă desservir simultanĂ©ment tous les dĂ©partements de l'est et du midi? Est-il matĂ©riellement possible qu'un che- min de fer, eut-il mĂȘme quatre voies continues, pĂ»t suffire Ă un service aussi compliquĂ© et aussi important? La rĂ©ponse Ă ces questions ne saurait ĂȘtre un moment indĂ©cise; elle doit exprimer une absolue et Ă©nergique nĂ©gation. Un auteur l'a rĂ©cemment Ă©crit : « La mission des chemins de fer est de rendre plus active et plus fĂ©conde la vie des peu- ples en la portant rapidement du centre Ă la circonfĂ©rence et de la circonfĂ©rence au centre ; mais il faut bien se garder d'en faire des instruments de concentration exclusive et des machi- nes d'encombrement. La vie des nations, comme la vie des in- dividus, s'Ă©teint dans la plĂ©thore et par l'engorgement, de mĂȘme qu'elle pĂ©rit par la dispersion et par fĂ©parpillement des forces. » Ces paroles sont frappantes de vĂ©ritĂ©; le sage principe qu'elles proclament serait violĂ© si l'on acceptait le tracĂ© par la vallĂ©e de la Loire pour le chemin de fer de Paris Ă Lyon. Il faut donc hautement proclamer que l'adoption de ce tracĂ© doit ĂȘtre repoussĂ©e , soit parce qu'il s'Ă©carte de la vallĂ©e de la SaĂŽne, dont il compromet ainsi les intĂ©rĂȘts, soit parce qu'il concentrerait sur la vallĂ©e de la Loire un mouvement de cir- culation capable de causer des encombrements dommageables et dangereux. De tout ce qui vient d'ĂȘtre exposĂ© faut-il conclure que le chemin d'OrlĂ©ans ne devrait jamais ĂȘtre prolongĂ© jusques Ă Roanne? Non certes, ce chemin peut rendre des services, il faut le faire; mais il ne faut pas le faire au dĂ©triment du