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62 COLONNE DE CUSSY. profil. C'est sous ces murs et contre leurs parois extérieures qu'est le béton dont parle l'abbé Tisserand. En 1726, Moreau de Mautour fit paraître, dans le Mercure de France, une dissertation sur la colonne. Il parait qu'à cette épo- que il ne connaissait le monument que par des notices et les dessins de Dubois, communiqués par M. de la Mare. Les liai- sons entre M. de Mautour et le conseiller de la Mare autorisent cette supposition. Quelques années après, il Tint à Cussy. Comme il remit un dessin de la colonne au P. Montfaucon pour son grand ouvrage, quelques auteurs ont pensé qu'il s'était fait ac- compagner à Cussy d'un dessinateur, mais il est plus probable qu'il lui communiqua le croquis du sculpteur Dubois. Quoiqu'il en soit, l'auteur de L'antiquité expliquée, dans l'effusion de sa gratitude, va jusqu'à attribuer la découverte de la colonne à M. de Mautour, ignorant sans doute qu'elle avait déjà été l'objet de dissertations et de recherches intéressantes. On peut prendre.connaissance des gravures de la colonne dans l'ouvrage du savant Béné- dictin. L'explication des figures est très-remarquable; sauf quel- ques inexactitudes peu importantes, elles sont généralement bien interprêtées. La faute la plus grave du dessin est dans le cou- ronnement des niches, toutes en lignes brisées, alors qu'elles sont alternativement cintrées. Dom Martin, dans le tome II de la Religion des Gaulois, a re- produit ce même dessin réduit de moitié. Il ne s'est pas borné à emprunter au P. Montfaucon sa gravure, il lui a encore pris, en grande partie, son texte ; en conséquence, tout ce qu'il dit de la colonne n'est qu'une répétition. Enfin, Pasumot, ingénieur-géographe, originaire de Beaune, vint à Cussy en 1767, sous les auspices du comte d'Aligny, sei- gneur de Cussy ; il dessina le monument, et recueillit de nombreuses notes , qui furent mises en ordre, commentées et publiées par Grivaud de la Vincelle, en 1812. Le seigneur de Cussy facilita l'étude et les recherches de Pasumot, et vou- lut que les dessins de la colonne fussent gravés à ses frais. Ce comte, dit Pasumot, était préoccupé avec une vive sollicitude de la conservation de la colonne ; et, grâce à lui, elle ne fut pas