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                          LETTRE A M. BENECH.                              51
chose, et vous vous appuyez parfois sur des autorités de valeur
bien moindre.
   1 y a, dans l'étude de la question, une distinction à faire ;
    1
cette opinion que l'empereur Claude prit la parole en faveur des
habitants de la Gaule chevelue et non pour Lugdunum est fort
ancienne ; on la trouve expressément annoncée clans nos anciens
historiens ; et elle est le fait principal.
   Mais cette autre opinion que Lugdunum, déjà en possession
d'amples droits, était désintéressé dans le débat, et qu'il ne s'est
nullement agi de cette cité dans le discours de l'empereur, cette
opinion, intimement liée à'la première, n'a été nettement for-
mulée que dans ces derniers temps, M. Zell l'exprime ainsi :
Nam Lugdunum qua de re infra videbimus, romanam civitatem
optimo jure jam tum fartasse habuit... Nul écrivain ne Fa énon-
cée en termes si clairs et si développés que l'a fait M. de Bois-
sieu. Aucun livre, à ma connaissance, n'a si nettement dé-
terminé la position de Lugdunum, en ce qui concerne le discours
au sénat de l'empereur Claude (1).
   Ainsi, dans deux ouvrages publiés à Lyon à la même époque,

   (I) Lorsque j'ai soutenu et .développé la même opinion dans l'édition mu-
nicipale de la Monographie de la table de Claude, je n'avais pas lu encore
le chapitre qui est consacré au bronze de Lyon dans l'ouvrage de M. de
Boissieu ; des motifs qu'il serait inutile d'indiquer ainsi ne me l'avaient pas
permis ; mais j'étais arrivé à la même conclusion, par une conséquence
forcée. Ainsi, après avoir établi que Lugdunum était une colonie romaine
et n'avait jamais été autre chose, j'arrivais nécessairement à celte déduction
inévitable que Lugdunum, colonie romaine et colonie privilégiée, n'avait
pas à réclamer des droits dont elle jouissait eu vertu de son état politique.
Cette question a été discutée à fond daus mes entretiens avec M. Grégoij.
Tout mon chapitre était établi sur ce fait que la cité de Lugdunum était ab-
solument désintéressée dans le discours de l'empereur, d'après cette consi-
dération décisive que Lugdunum était colonie romaine ; le Recueil des ins-
criptions latines et la Monographie de la table de Claude ont été écrits dans
le même temps ; mais, toutefois, la publication du chapitre de M. de Boissieu
qui traite du bronze de Lyon, a précédé celle de mon travail, ce que je
déclare très volontiers.