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.V2 TABLE DE CLAUDE.
on trouve fortement exprimée cette opinion que la ville de Lug-
dunum, colonie romaine privilégiée, n'était pas en cause dans
le discours au sénat de l'empereur, précisément parce que ses
habitants possédaient les droits politiques dont ilVagissait poul-
ies Gaulois chevelus. Les paroles de Claude ne pouvaient regar-
der cette cité ; elle était tout à fait désintéressée dans la question.
Vous combattez cette opinion par les considérations suivantes :
Les paroles de Suétone, d'après lesquelles les colons lyonnais
auraient obtenu d'Auguste la faculté d'envoyer leur suffrage
écrit pour les élections, s'appliquent aux colonies italiques, et
seulement aux décurions de ces colonies. L'électorat fut-il ad-
mis, on ne pourrait rien en conclure quant au droit aux hon-
neurs: 2° ces autres paroles de l'empereur dans son discours,
que le sénat n'a point eu à se repentir d'avoir admis dans son
sein plusieurs de ses membres venus de Lugdunum, ne disent
pas que ces sénateurs appartenaient à la colonie lyonnaise, et ne
justifient pas dès-lors l'affirmation que les colons de Lugdunum
possédaient le droit aux honneurs. Quand il s'agit de sénateurs
venus de Vienne, l'empereur a grand soin de dire qu'ils avaient
été pris dans le sein de la colonie; 3° alors même qu'il serait vrai
que les sénateurs venus ex Lugduno auraient été choisis parmi
les colons primitifs ou parmi leurs descendants, leur nomina-
tion faite arbitrairement par Jules César ou pendant les guerres
civiles qui suivirent la mort du dictateur, aurait eu lieu en dehors
de l'ordre régulier et normal ; 4° ce que dit autre part l'empe-
reur Claude que Tibère avait appelé de toutes parts dans le sé-
nat la fleur des colonies et des municipes, ne doit s'entendre
que des colonies et des municipes qui avaient obtenu le droit
de cité, optimo jure-, 5° l'exemple très-réel des sénateurs fournis
par la colonie de Vienne ne prouve rien en faveur des colons
de Lugdunum ; la capitale des Allobroges était sans doute ho-
norée du titre et des droits de colonie romaine, mais sans rece-
voir de colons dans ses murailles ; elle n'était qu'une colonie
fictive, et il n'y avait pas eu, comme pour Lugdunum, une de-
ductio véritable. Il serait dès-lors moins surprenant que des co-
lons romains fictifs eussent pu jouir du droit aux honneurs,