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                            ATHÈNES.                           213
lancée du camp vénitien ; les eolonnes portent encore la trace des
balles, et çà et là s'élèvent des pans de mur noircis par la pou-
dre. Au front du temple, on voit la place vide où se trouvaient
ces magnifiques bas-reliefs dont la plus grande et la plus belle
part enrichit le Musée britannique. Ce qu'on admire à la vue du
Parthénon, c'est d'abord la richesse et l'harmonieuse perfection
des proportions, et puis la magnifique teinte dont le temps a
revêtu le marbre. Là, comme dans tous les monuments an-
tiques de la Grèce, le soleil brûlant, la puissante lumière du ciej
semble avoir déposé dans chaque pore de la pierre une parcelle
d'or. Ces longs péristyles, ces hautes colonnes entre lesquelles
lèvent soupire, sous l'influence de cette couleur dorée, sem-
blent animés d'un dernier souffle de vie, et sont pleins de cet
aspect mélancolique dont se revêtent pendant l'automne les ar-
bres de nos forêts.
   Lorsqu'on se trouve au bas du Parthénon, toutes les parties
en sont liées dans un cadre si parfaitement calculé qu'on ne s'a-
perçoit pas de son immense étendue ; pour s'en faire une idée,
il faut monter sur le toit du temple ; de là, si vous jetez les
regards à vos pieds, dans l'intérieur, le vertige vous saisit comme
sur les bords d'un abîme.
   Nous achevâmes notre première course à l'Acropole par la
visite de trois petits temples contigus : le temple de Minerve, le
Pandroséion et l'Erechtéion. Ce dernier est le plus admirable
des trois,- quelques colonnes et quelques cariatides dressent
encore leurs hautes formes. L'une de ces cariatides fut enlevée
par lord Elgin et envoyée au Musée britannique. M, Piscatori
la remplaça par une autre et fit restaurer la tête d'une cariatide
voisine ; ces deux morceaux de sculpture moderne font un mal-
heureux contraste avec la perfection de l'antique. On voit dans
le temple de Minerve Paliade un puits profond qu'on prétend
être la source que Neptune fit jaillir lorsque, demandant compte
à Minerve de son affection pour les Athéniens, il se prit d'im-
patience et frappa le sol de son trident.
  Nous passâmes une seconde fois par le sptendide escalier des
Propylées et sortîmes de l'Acropole. En descendant la colline,