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438                          LA REVUE LYONNAISE

 complétait fiévreusement. Palliot s'était, en effet, donné la tâche de
 répondre dignement au titre d'historiographe qu'on commençait
 déjà à lui donner. D'un côté, pour rendre un pieux hommage à la
 mémoire de son cher Gélyot, il préparait une nouvelle édition de
 son Indice armoriai, qui avait paru pour la première fois à Paris
 en 1635, et l'enrichissait de six mille écussons et de notes nom-
 breuses, afin d'en faire, grâce à ses propres connaissances héral-
 diques, la Fraye et parfaite science des armoiries, qui vit le jour en 1661.
 Il venait à peine d'achever la publication de son grand ouvrage sur
 le Parlement de Bourgongne, avec les armoiries des présidents, des con-
 seillers, des chevaliers d'honneur, etc., in-fol., 1649, dont les rares
 exemplaires atteignent aujourd'hui 300 ou 400 fr. dans les ventes
 publiques. Il réunissait les documents nécessaires pour dresser la
 Généalogie des comtes d'Amanzé, qui devait bientôt accroître sa renom-
 mée d'historien consciencieux, intelligent et véridique. Quelques
 années plus tard, en 1665, l'Histoire généalogique des comtes et marquis
 de Chamilly, de la maison de Bouton, allait succéder à ces travaux con-
 sidérables, et ajouter encore à la notoriété comme à la juste considé-
 ration de leur auteur. (1)
     De toutes ces Å“uvres, YHistoire du Parlement de Bourgogne ou
 plutôt la liste de ses membres, depuis l'origine de cette cour souve-
 raine jusqu'au milieu du xvne siècle, est assurément la plus importante
  et celle qui est encore le plus fréquemment consultée. Elle lui coûta
"six années de recherches. Entreprise à la demande de la compagnie,
  qui lui donna une indemnité de 800 livres, ainsi que le constatent les
  registres du parlementa la date du 14 août 1649, elle est restée,
  malgré certaines lacunes, un monument précieux pour les familles
  bourguignonnes. On sait qu'elle fut, au siècle suivant, continuée sur


   (1) Dans sa Bibliothèque héraldique, M. J. Guigard prétend que Palliot fut trompé
 par un impudent faussaire, Albert de Launay, depuis pendu pour faux, et dont il
 tenait les copies des pièces données par lui à titre de preuves de cette histoire. Il
 y a lieu toutefois de remarquer que, d'après Palliot lui-même, ces copies étaient
 revêtues de légalisations et de certificats délivrés par les officiers publics des Pays-
 Bas d'où elles venaient.