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436                     LA REVUEtLYONNAISE

 quelque teinture des belles-lettres et de la langue latine. Ces études,
 jointes à un goût prononcé, dès le jeune âge, pour les dessins héral-
 diques, le portèrent bientôt à délaisser l'orfèvrerie pour l'histoire et
 en particulier pour une science aujourd'hui bien délaissée, mais fort
 en honneur de son temps, le blason. Un commerce assidu avec un
 allié de sa famille, Louvan Gélyot, avocat au parlement de Dijon
et poète à ses heures, mais plus attiré par la science des Vulson de
la Colombière et des Menestrier que par celle de Barthole ou de
Cujas, développa rapidement chez lui un goût naturel qui ne deman-
dait qu'à être cultivé. Sur les sollicitations de Gélyot, il fit un voyage
en Bourgogne, dans un but purement artistique, et cette excursion
décida de sa carrière.
    Arrivé à Dijon, avec l'intention de dessiner et de graver les prin-
cipaux monuments de cette ville, il fit, chez son parent, connaissance
d'un libraire bien connu à cette époque, Spirinx, et en épousa la
fille, Vivande, née le 4 juillet 1614. Il avait alors 25 ans. Ses pré-
dilections, ses sympathies, son mariage, l'admiration et la défé-
rence profonde qu'il avait pour Louvan Gélyot, sorti du barreau
pour se consacrer exclusivement' à des études généalogiques, tout
l'engagea à ne point retourner à Paris et àfixersa résidence à Dijon.
La maison de son beau-père devint la sienne. La librairie passa entre
ses mains, et, comme Spirinx imprimait aussi quelques-uns des livres
dont sa boutique était garnie, il se trouva ainsi naturellement impri-
meur. Peut-être même fut-ce sur le conseil de Gélyot qu'il accrut
l'établissement de son beau-père. Il racheta du moins les vignettes,
les culs-de-lampe, les lettres ornées d'un autre imprimeur dijonnais,
Jean des Planches, en ayant soin, toutefois, ce qui n'est pas éloigné
d'une supercherie, d'en enlever les initiales I. P. et de n'y laisser
que la seconde lettre, comme s'il les eût gravés lui-même. C'est
ainsi qu'il imprima un grand nombre d'ouvrages, devenus aujour-
d'hui fort rares et d'autant plus estimés des amateurs : le Récit de ce
qui s'est passé en la ville de Dijon pour l'heureuse naissance de Mgr le
Dauphin, du P. Malpoy, 1638; h Fondation, construction et règlement
des hôpitaux du Saint-Esprit et de Notre-Dame de la Charité de Dijon,
de Philippe Boulier, in-40, 1649; YOrbis maritimus, précédé d'un