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DAMES SEULES I47
préférable de ne pas les écrire ; surtout il ne faut pas les imprimer,
et encore moins les faire éditer par Dentu.
M. Roger Dombre abuse d'une espèce de jeu de mots d'un effet
facile, dont la malice repose sur une équivoque. Pierrot, le grand
ami de Théodore de Banville, appelle cela, je crois, un « un coq-à -
l'âne. » Voulez-vous des exemples ?
Le comte de Forez signifie à son fils qu'il va chercher pour lui
« une retraite ignorée, voù il pourra goûter les douceurs de la cam-
pagne, sans avoir l'occasion de blesser ses parents et les convenances.
Plus loin, Georges déjeune avec ses parents : « Je commis, »
écrit-il à son ami, « maladresse sur maladresse, versant de l'eau
pour du vin à la comtesse de Forez, renversant la salière sur la table,
ce qui lui fit pousser les hauts cris, à la comtesse, s'entend. »
Georges est encore à table, mais cette fois à Montmirey. Sa grand'
tante l'interroge :
. « Encore une côtelette, Georges ?... Donc votre belle-mère n'est
pas précisément bonne pour vous, dites-vous?... Est-elle assez
cuite ?
— Hélas ! non. Elle estla dureté même... Ma côtelette? Pardon,
elle est excellente.
— ... Ne mettez donc pas tant d'eau dans votre vin, Georges !...
Alors elle vous fait entendre des duretés ?
— J'y suis habitué, ma tante.
— Aux duretés ?
— Non, à boire de l'eau rougie... Mon père dit que cela forme
le caractère.
— Les duretés ?... Cette aile de perdrix, mon enfant ?
— Mais, quand je me trouve, comme maintenant, dans un milieu
si bon, si affectueux, si...
— Vous en avez assez, Georges ?
— De perdrix? Oui, matante. »
M. Roger Dombre me dira que j'épluche sa nouvelle. Je lui
répondrai que je fais simplement mon métier en y cherchant des
défauts. Il aurait bien plutôt raison de se plaindre de moi, si j'en
faisais l'éloge, au lieu d'en faire la critique. Il pourrait alors me de-