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242 UNE PROMENADE la courbe gracieuse de la Saône et d'où l'on jouit d'une vue accidentée sur les coteaux de Montauban. C'est l'ancien couvent des Carmes, les terrasses enguirlandées de lierre qui surmontent l'Homme de la Roche, de nombreuses maisons de campagne enfouies sous la verdure et, au loin, le mon- ticule couronné d'un bastion, où se dressait jadis l'impo- sante forteresse de Pierre-Encize. Une partie de ce tableau a été magistralement interprétée par M. Drevet, c'est la plus belle lithographie du volume. A l'extrémité nord du quai Saint-Vincent se trouvent les vastes locaux de la manu- tention militaire. On penserait volontiers que tout doit y être banal et vulgaire. Cependant quelques-unes des ancien- nes constructions se font remarquer par des fenêtres à croi- sée et des portes moulurées. Cela suffit pour engager l'artiste à une investigation dans l'intérieur. Ces bâtiments dépen- daient de l'ancien monastère de Sainte-Marie des Chaînes, ainsi nommé à cause des chaînes que l'on tendait pendant la nuit sur la Saône. La salle du chapitre subsiste encore, c'est une salle immense, partagée dans le milieu par une rangée de colonnes. La montée de la Butte, le passage de la Muette, plus escarpés que des sentiers de chèvres, ont séduit nos guides de préférence au chemin de Serin, dont les lacets ondulent au milieu de squares plantés d'arbustes. En haut, le nouveau boulevard qui termine la Croix-Rousse, au sud, a remplacé les remparts démolis en 1860, et dont il ne faut pas cher- cher les traces autre part que dans Lyon Pittoresque. La Croix-Rousse est de date récente. Au siècle passé, ce fau- bourg se composait d'une seule rue, la route de Strasbourg. Les coteaux des Chartreux et de Saint-Sébastien étaient couverts de jardins et de vignes ; la campagne s'étendait jusqu'à la rue des Capucins. La côte des Carmélites, la