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342 LE SALON DE PARIS comptons pas moins de quarante salles au palais des Champs- Elysées, plus le balcon du pourtour et l'immense hall du milieu, renfermant 4.879 numéros. Au palais du Champ de Mars, avec plus d'air et moins de salles, on trouve 2.280 numéros, ce qui, avec les 947 de l'Union des femmes, dont nous avons parlé dans notre premier article, porte à 8.106 le chiffre des oeuvres exposées en 1896 à Paris, sans compter toutes sortes d'exhibitions spéciales : les pastellistes, les miniaturistes, les indépendants, la Rose-Croix, les exposi- tions de MM. X, Y et Z, etc., etc. La dernière exposition officielle de 1880 atteignit seulement 7.289 numéros. Ce mouvement est fort inquiété, à l'heure où nous écri- vons, par la prochaine Exposition universelle laquelle, paraît-il, va faire disparaître les divers palais où les artistes s'étaient habitués à trouver une hospitalité gratuite. Nous pensons qu'ils devraient, dès à présent, songer à d'autres combinaisons et qu'alors tout serait pour le mieux. La Société Nationale a, dit-on, déjà trouvé la sienne; quant à celle des Artistes français elle n'a d'autre ressource, à notre avis, que de faire couvrir et vitrer le Jardin du Palais Royal et de s'installer au beau milieu avec une certaine per- manence, cela ramènerait la vie dans ce coin autrefois si fréquenté de la capitale. Use dégage des exigences de cette accumulation d'oeuvres à Paris, à laquelle s'ajoutent toutes les expositions de pro- vince, le fait curieux à observer,, de la place de plus en plus grande qu'occupent les arts plastiques dans les goûts du pays et de la somme immense d'efforts particuliers qu'ils provoquent non seulement chez les artistes de profession, mais encore chez beaucoup pour lesquels ils ne constituent qu'une agréable et bien légitime distraction ; la diffusion de l'enseignement du dessin et la facilité d'apprendre l'art dans