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I36                 UNE NOUVELLE BOUTIQUE

extraordinaire, il arrivait à certains moments que, vu le
malheur des temps, pour subvenir à des nécessités urgentes
— telles, par exemple, que la réparation des fortifications
de la ville — des contributions étaient mises, dont tous les
habitants sans distinction devaient supporter une part, les
privilégiés comme les autres. La Juiverie ne manquait
jamais, en pareille occurrence, de donner la mesure de son
patriotisme. Tandis, en effet, que les autres privilégiés,
nobles et gens d'Eglise, s'exécutaient habituellement sans
trop de difficultés (14), messieurs de la synagogue, eux,



octroyons auxdits Juifs et Juives qu'ils soient exempts, francs et quittes
de toutes impositions, subsides, maltotes, gabelles et aides, de ost, de
chevauchée, de garde de villes et forteresses, de servitudes et rede-
vances quelconques, etc., qu'elles soient faites et ordonnées pour
quelconque cause et à quelque personne et en quelque lieu du royaume
que ce soit... »
   (14) 27 décembre 1358 réunion composée, sous la présidence de
l'archevêque, du chapitre, des clergés de Saint-Just, de Saint-Paul, de
Saint-Irénée, de Saint-Nizier et d'Ainay, des consuls et des maîtres des
métiers. On tombe d'accord que tous, nobles, prêtres et bourgeois
paieront pendant deux ans un impôt de deux deniers par livre pro
reparationibus fortalicïum civitatis. Archives delà ville de Lyon, CC. 189,
— 14 mars 1360, renouvellement du même impôt, arch. de la ville,
ibid — 24 janvier 1369, consentement donné par l'archevêque à la
levée d'un impôt du vingtième sur le vin, vendu.au détail. Arch. de
Lyon, BB 368, f° 2. Parfois le clergé se rend, bannière déployée, aux
 remparts et y travaille en personnes, comme le reste des citoyens, aux
terrassements. « Les personnes clergies par longtemps aidèrent à terra-
lier et fcssoier, en leurs propres personnes et à bannière déployé. »
Arch. de Lyon, CC. 191, f° 45.
    Tout en donnant, à l'occasion, ces marques de bon vouloir et de
patriotisme, les gens d'Eglise mirent, de 1360 à 1378, une obstination
 et une âpreté à défendre leurs droits et immunités qu'on peut trouver
 excessives. Pendant tout ce temps ils ne cessèrent d'être, au sujet des