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350 LE SALON DE PARIS également. M. Edouard SAIN a une fort belle exposition dans laquelle nous remarquons un très bon portrait de notre sympathique conservateur aux Estampes de la Bibliothèque Nationale, Henri Bouchot. La couleur de toutes les œuvres de cet artiste, fraîche et agréable, produit un effet qui leur attife l'attention. Noter ici deux portraits de Lyonnais : Paul Chenavard et Puvis de Chavannes, par M. ARMBRUSTER. Il est facile de trouver M. DESCHAMPS, de Montélimar, avec sa manière de comprendre les physionomies et de rendre presque toujours les yeux des femmes pensifs et noyés dans l'ombre ; cet artiste se conserve bien lui-même et nous ne pouvons que lui en savoir gré. Il en est de même pour M. WERTZ, lequel continue à nous présenter toute une collection de petits portraits très vibrants et très vigou- reux, dont les poses sont à la fois intéressantes, spirituelles et présentant le trait saillant du caractère du modèle; mais la dureté est l'écueil de cette peinture qui est presque de la miniature à l'huile. Nous voudrions bien pouvoir raccourcir cette étude, cependant il est certains noms du Champ-de-Mars qu'il ne convient pas d'oublier puisqu'ils resteront dans l'histoire de la peinture moderne à cause de leur originalité : M. BURNE- JONES, dans cette femme assise les mains sur les genoux en robe bleue se détachant sur un fond vert dans une immobi- lité de statue, voulue sans doute, peinture qui échappe à la portée de bien des personnes; M. AMAN-JEAN avec six numéros dont une jeune fille de profil, charmante de dis- tinction et de grâce ; M. TOFANO dans un Portrait de dame, dans les blancs gris jaunâtres, mais dont la tête est néan- moins très vivante ; M. John SARGENT qui nous montre un jeune homme M. W, Graham Robtrtson, esq., long, long et maigre, mais d'une grande distinction; M. BOLDINI avec