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546 LE SALON DE PARIS III Les deux salons des Champs-Elysées et du Champ de Mars démontrent d'une manière indiscutable que, grâce aux efforts des femmes dans les arts plastiques que nous avons déjà signalés dans notre premier article, des progrès considérables ont été réalisés dans leurs rangs pressés et qu'elles peuvent désormais figurer partout très honorable- ment; leur main est devenue aussi habile que celle des hommes. Par exemple, Échec et mat de M1Ie BEAURY-SAUREL a été fort remarqué; ce sont probablement des portraits, ces personnages qu'intéresse tant cette partie et dont les physionomies expriment si bien les diverses impressions. Puis quelle magistrale exécution! Nous ne sommes guère partisan du système des récompenses que les artistes des Champs-Elysées persistent à se décerner entre eux, et si Ton veut prouver l'exactitude de cette opinion qui a déjà conquis le Champ de Mars, on n'a qu'à leur demander pourquoi ils n'ont pas placé une seconde médaille sur ce tableau qui en vaut bien d'autres qui l'ont reçue. A la même exposition nous revoyons Loin de Paris, de Mmc DELACROIX-GARNIER, puis nous nous arrêtons avec plaisir devant les jeunes filles au piano de Mme VALLET, ainsi que devant la tête hiératique et fort intéressante de Gismonda de Mme COMMERRE-PATON. Les sérieuses études de vaches, dans le tableau intitulé Aux Champs de MIle Amable BOUILLIER, dont nous avons déjà signalé le beau paysage à l'Union des femmes, nous rappellent notre regretté L. Guy; c'est bien qu'une Lyonnaise ramasse le