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SUR LE PONT DE SAÔNE 249 fique dais par les quatre plus anciens Conseillers qui l'escor- tèrent jusqu'à Portefroc. Toutes les rues étaient ombragées de tentes de diverses couleurs, toutes les boutiques tendues de tapisseries de haute lice. Partout dames, damoiselles et bourgeoises « perlifiaient » les fenêtres de leurs beaux visages : décoration vivante et gracieuse des façades som- bres de nos vieilles maisons. Devant la Primatiale, le cardinal-archevêque, assisté de son clergé, attendait le roi. Après avoir donné l'eau bénite à Sa Majesté, on lui présenta un surplis qu'elle garda en ses mains, dans l'église, jusqu'à la fin de son oraison. Puis elle entra dans le palais de l'archevêché où étaient pré- parés ses appartements et sur le portail duquel deux figures à la romaine, représentant le Rhône et la Saône, marquaient l'allégresse commune par cette inscription : Oh adventum Henrici, optimi principis, Rhodanus atque Arar gratulantur. La semaine qui suivit cette magnifique entrée ne fut qu'une succession de divertissements et de fêtes : jeu de paume dans les prés d'Ainay, joutes, comédie jouée par des artistes que la nation florentine avait fait venir de son pays, fête vénitienne sur la Saône avec naumachie, canon- nades etfeux d'artifice, etc., etc. Le vendredi, Henri II, s'étant souvenu que le lendemain était la fête de Saint Michel, vint à Saint Jean entendre les vêpres et tenir chapitre avec les chevaliers de son ordre. Les chevaliers de Saint-Michel occupaient les places des cha- noines, le roi étant en la stalle de M. le doyen. Le samedi, il y eut messe solennelle au sortir de laquelle sa Majesté « toucha les écrouelles... » Enfin, le lundi I er octobre, Henri II partit pour Fontainebleau, content au-delà de tout ce qu'on peut dire des honneurs que lui avait rendus et de