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76                    UNE NOUVELLE BOUTIQUE

simples qui, à force de voir molester ou ridiculiser les
Nazaréens, finissaient, succombant au scandale, par douter
de leur religion ou même par croire que celle que patron-
naient si ouvertement les fonctionnaires publics était la
meilleure.
   S'enhardissant avec l'épreuve, Agobard adresse, cette
fois, ses protestations à l'empereur lui-même.

              Très pieux et très chrétien empereur,
   « . . . En cette ville sont arrivés — précédés d'Evrard, le
maître des Juifs — Guerric et Frédéric, commissaires
tenant de votre part mais chargés d'exécuter des ordres
qu'ils tiennent, je pense, moins de vous que de quelque
autre.
   « Ils se sont montrés aussi terribles envers les chrétiens
que doux aux Juifs. Ils ont donné, dans ce diocèse, princi-
palement à Lyon, un spécimen des anciennes persécutions,
semant parmi nous les gémissements et les larmes.
   « ... Ce qui nous a attiré ces calamités, dignes du temps
où paraîtra l'Antéchrist, c'est que j'ai prêché aux fidèles de
n'acheter aux Juifs ni de leur vin, ni de leurs viandes. Mon
crime est de défendre qu'ils aient dans leurs maisons des
serviteurs, des servantes de notre religion, de peur que ces
domestiques ne célèbrent avec eux le sabbat, ne travaillent
avec eux le dimanche, ne soient amenés à violer les lois
du jeune et de l'abstinence. Mon crime est de ne pas
souffrir que les Juifs possèdent des esclaves chrétiens pour
les employer à leur service ou pour les vendre en
Espagne... (9). »


     (9) Saint Agobard. Première lettre « au très chrétien et très pieux