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                          EN ROANNAIS                      3I

depuis [202 était tuteur de son neveu Guy IV. Pendant une
longue régence de seize années, il combla de largesses les
monastères de ses Etats : Beaulieu ne fut pas oublié ; dans
une nouvelle charte, donnée à Lyon au mois de décem-
bre 1214 et adressée à la prieure Paule (31), il ajoute un
don de douze escus à la charge pour les religieuses de prier
Dieu : « pour nous, dit-il, notre dévot clergé et notre
peuple. » Ce ne fut pas là du reste le seul témoignage que
donna de sa protection le primat Renaud.
   Nous avons vu que le mas de Mont-Chotard, où avait
été bâti Beaulieu, était sur le territoire ecclésiastique du
prieuré de Riorges, dépendance de l'abbaye d'Ainay, de là,
à différentes époques, des démêlés entre les religieuses et
l'abbé d'Ainay. En 1207, notamment, un différend assez
grave s'éleva. D'un commun accord Paule, prieure de
Beaulieu, et Aymendric, abbé d'Ainay, en appelèrent à
l'archevêque.
   Renaud, accepta le rôle d'arbitre et, désireux de terminer
le différend, vint en personne à Riorges où il tint « en
plein air » une réunion publique. La chapelle de Beaulieu
était située au sommet d'une immense prairie qui descen-
dait jusqu'à Renaison. Au sommet du pré, et adossé au
mur de la chapelle, on dressa un trône pour l'archevêque.
Celui-ci y prit place pendant que tous les assistants, clercs
et laïques, nobles et vilains, s'installaient sur l'herbe tout
autour. Or, dit le document qui nous retrace cette scène :
« On était au mois de juillet et ils étaient venus en grand
nombre... » Renaud avait à sa droite l'abbé d'Ainay et à sa
gauche la prieure du lieu. Il trancha le litige en faveur de



  (31) Paule (Cf. Fisquet. La Gaule pontificale).