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                            BIBLIOGRAPHIE                           265

 l'époque où l'imprimerie vint enfin recueillir et sauver toutes
 les épaves du grand naufrage de l'Antiquité. Mais jusqu'à
 ces jours heureux, que de disparitions douloureuses ! Lui-
 même nous raconte qu'à son grand désespoir il ne put
 retrouver les Antiquités de Varron qu'il avait vues dans sa
 jeunesse ainsi qu'un livre à'Epigrammes attribuées à l'empe-
 reur Auguste.
    La prise de Constantinople par les Turcs fut un véritable
 désastre pour les lettres anciennes. Bon nombre d'auteurs
classiques furent perdus pour toujours. De cette époque
date la disparition de l'Histoire de Macédoine de T h é o -
pompe, de celles des Parthes, de Bithynie et des successeurs
d'Alexandre par Arrien, l'Histoire [de la Perse et la descrip-
tion de l'Inde par Ctésias, la Géographie d'Agarchidès, sans
compter tout ce qui nous manque de Diodore de Sicile, de
Polybe, de Denys d'Halicarnasse, de Démosthène et des
autres orateurs grecs.
    Constantin Lascaris eut le mérite de sauver un grand
nombre de manuscrits qu'il fit imprimer dès leur arrivée en
Italie. La Bibliothèque de l'Escurial en possède les précieux
originaux (3).
    Comme nous l'avons fait pressentir, Pétrarque ne fut pas
un simple collectionneur : il fit un excellent usage des
richesses qu'il avait acquises et composa un ouvrage sur les
hommes illustres de l'antiquité qui ne manque ni de
critique ni d'originalité. Il regretta toujours de ne pas savoir
le grec couramment et lorsqu'en 1394 k mort vint mettre
un terme à sa laborieuse existence, il cherchait à déchiffrer



  (3) Villemain. Etudes à'histoire moâerne, — Lascaris, page 120. Paris,
1860.