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 278                UN RÉVEILLON DE NOËL

   pour tout le temps du séjour au fort, sans différence entre
   le jour et la nuit, de façon que l'on ne dort jamais que trois
   heures de suite, et cela après six heures de garde et de
   travail.
      Le ravitaillement de Bellevue se fait avec beaucoup de
  difficulté, parce que les communications entre le fort et la
  place sont très gênées par le tir des assiégeants.
      A certains jours, il a été interdit à la garnison du for t
  d'allumer du feu, afin de faire croire aux Allemands que le
  fort était abandonné. On a dû alors se contenter pour dîner,
  d'un quartier de pain gelé et d'un morceau de lard froid.
      Lorsque, après trois jours de ce service pénible, les com-
  pagnies rentrent de leurs cantonnements, au faubourg de
  Montbéliard, ce sont alors des grand'gardes de vingt-quatre
  heures aux avants-postes, des alertes la nuit, des reconnais-
   sances sur les positions des assiégeants où on laisse tou-
  jours quelques-camarades.
      Le temps est affreux.
      A la neige et au froid ont succédé la pluie et le dégel.
  L'humidité vous pénètre à ce point que le matin, au réveil,
  en passant la main sur ses vêtements (depuis deux mois, on
  couche sur la paille tout habillé), on la retire mouillée
 comme si on l'avait trempée dans l'eau.
     Puis, le froid est revenu. Le thermomètre est descendu
 aujourd'hui au-dessous de 16 degrés. La neige est tombée
 fine et abondante pendant une heure. La terre en est de
  nouveau couverte.
     Depuis trois semaines les bombes prussiennes ont
 incendié de nombreuses maisons.
     Le commandant supérieur avait bien prescrit de former
t les troupes au service d'extinction des incendies, et de
   enir dans les étages supérieurs des maisons, des réserves