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 LES TRIBULATIONS D'UN CURÉ D ' E S S E R T I N E S - E N - D O N Z Y   22 3

ments, afin de s'éclairer, ou des encouragements au milieu
de leurs épreuves.
   Nous avons eu pour composer ce récit d'authentiques
papiers; ils jaunissaient relégués au fond d'un vieux coffre
vénérable, à clous de cuivre, dans un grenier très hospitalier
à la poussière et aux souris. Nous nous en rapporterons
fidèlement à leur témoignage, tout autre source d'informa-
tions nous manque.
   Le lecteur voudra bien nous croire sur parole, mais si
par hasard le désir lui naissait de vérifier nos citations et
de contrôler nos dires, qu'une course dans nos montagnes
et dans la jolie vallée de la Loise ne l'épouvante pas; il y
jouira d'une cordiale hospitalité et il y trouvera le cadre
charmant et pittoresque des événements qui vont passer
sous ses yeux.
   Après ce court préambule, nous entrons en matière.




                                     I



   M. Simon Parisis, lorsqu'il s'installa dans son presby-
tère, vers les derniers jours de février de l'année 1750,
n'ignorait pas la médiocrité du bénéfice, qui lui était échu.
La population d'Essertines était peu nombreuse, pas fortu-
née, tout à fait illettrée : elle se composait partie de labou-
reurs et partie de tisserands; chez les uns et chez les autres
il y avait plus d'honnêteté et de religion que d'aisance.
Les revenus se réduisaient à peu près aux 300 francs
de la portion congrue; les pensions obituaires ne dépas-