Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                        LE SALON DE PARIS                       177

été exécuté honnêtement d'après la nature. Mme JOBERT et
Mllc GUÉRIN continuent à se distinguer dans ce genre.
   Nous retrouvons avec plaisir une Lyonnaise, nous
croyons, Mme MASSON-BEAUCHARD dans les œuvres décora-
tives, avec quatre numéros.
   Certes, la statuaire, encore moins que la peinture à l'huile
ne rentre bien dans les habitudes de la femme ; il se trouve
dans ce genre toute une série d'opérations qui salissent et
l'atelier et l'artiste. Mais si les oeuvres des statuaires sont en
petit nombre au salon de l'Union, nous en constatons d'une
grande valeur, par exemple : Modestie, par Mme Laure
COUTAN, tête d'une expression si pure, dans ce beau marbre
qui sied si bien au sujet, un beau portrait et une statuette
de Sirius. Mme DE FRUMERIE expose un beau buste de l'écri-
vain suédois, Auguste Strindberg, Mme Jeanne CLOVIS-
HUGUES-ROYANNEZ la statue d'une jeune fille grecque et
Mlle Ida MATTON, un petit enfant en marbre : Maman.
   En somme, la valeur intrinsèque des œuvres que nos
Lyonnaises ont envoyées cette année à l'Union des femmes
artistes peintres et sculpteurs, valeur qui nous a permis de
les y distinguer très facilement, renferme cette indication
précise et instructive que leur nombre n'est pas aussi con-
sidérable, que l'on pourrait le désirer et qu'il devrait
s'accroître d'année en année.
   Certes, nous ne sommes pas, personnellement, très par-
tisan du système des expositions, lesquelles, selon nous,
ont le tort d'exciter beaucoup trop la vanité naturelle des
artistes et qui les aveuglent souvent par des succès non
justifiés, sinon dus uniquement à ce qu'on appelle à présent
la publicité.
   Toutefois, nous aimons voir les femmes artistes s'affir-
mer et montrer tout ce qu'elles savent et tout ce qu'elles
peuvent.
   N" j   — Mars 189É                                      12