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EN ROANNAIS 165 La dernière prieure de Beaulieu fut Mme de la Chas- sagne (20). A la veille de la Révolution, elle n'avait plus avec elle que cinq religieuses. Pendant la tourmente révolutionnaire, les dépendances et les masures du prieuré de Beaulieu furent confisquées, comme biens du clergé. Mises en vente, elles furent adjugées moyennant un prix dérisoire. Peu de temps après, l'église fut démolie et l'autel, n'ayant pas trouvé d'acquéreur, fut relégué dans les combles d'une maison voisine (21). Quant au monastère de Beaulieu, « dont les construc- tions étaient très considérables », il fut utilisé au commen- cement du siècle, comme caserne pour loger les troupes de passage à Roanne. Le moulin de Beaulieu qui existe encore aujourd'hui, fut en 1796 loué par le sieur Alcok, qui obtint du gouvernement l'autorisation d'y établir les moutons nécessaires pour frapper les monnaies préparées dans son atelier de la rue des Planches à Roanne. Ce fut là où la plupart des cloches et les vieux cuivres des églises du Roannais furent changés en monnaie de bronze : il paraît que dans les quelques mois de 1792, pendant lesquels cet atelier fonctionna, il y fut frappé 488.100 gros sous (22). Depuis lors, toutes les constructions voisines, dépen- dances immédiates du moùtier, ont disparu ou ont subi des transformations qui les rendent méconnaissables. Aujour- d'hui à la place du couvent s'élève une des plus belles habitations des environs immédiats de Roanne. Du vieux prieuré, il ne reste pas trace si ce n'est ce nom poétique de (20) Almanach du Lyonnais, Forez, Beaujolais, pour ij8f. (21) Pothier. Roanne pendant la Révolution, page 153 et suiv. (22) Loc. cit.