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               LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES ITALIENNES                     119

 vaient revêtir de formes de plus en plus séduisantes ou
 sensuelles les conceptions traditionnelles de leur art.
     Or, il arriva que de la licence des moeurs et des abus qui
 s'étaient introduits à la cour de Rome, sortit une réaction
violente qui fit du protestantisme sa personnification ration-
 nelle. Et quand la Renaissance pénétra en France, elle y
 trouva des écrivains dissidents ou mécontents, qui, se jetant
dans la mêlée, prirent part aux luttes religieuses, en atta-
 quant, avec souvent trop de fanatisme intolérant et d'ironie
sanglante, l'Église et le moyen âge, dont ils confondirent
parfois, à tort, les tendances et l'action.
    Je me contente de citer la dernière œuvre de M. Gebhart,
Autour d'une Tiare, idylle exquise dont le cadre est la
vieille Rome de Grégoire VII et donne lieu, en même temps
qu'à une reconstitution archéologique des plus remarqua-
bles, à des descriptions de poète charmeur. On croirait, à
feuilleter ces pages, écrites en une langue merveilleuse, par-
courir une de ces naïves anciennes chroniques dont les
siècles n'ont pu effacer la grâce subtile et prenante (1).
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   Un écrivain d'un grand mérite et dont la valeur n'est
appréciée que des seuls érudits, M. Emmanuel Rodocanachi,
a composé sur l'Italie plusieurs ouvrages dignes d'attention.
   Avec Cola ai Rienzo, il nous fait pénétrer dans l'histoire
de Rome, de 1342 à 1354, et nous parle de cet étrange
aventurier dont l'influence sur le peuple romain fut si
grande. Né à Rome vers 13 10 ou 13 13, ce Rienzo était fils


   (1) M. Gebhart a aussi écrit une préface en tête des Promenades en
Italie, de Grégorovius, savant allemand, dont je voudrais voir traduite
et divulguée en France la magnifique histoire.