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24 LE PRIEURÉ DE BEAULIEU Dalmais, qui continuait la maison dans le siècle, et dame Tubella, mariée à un seigneur du pays de Roannais (pagi Rodannensis) nommé Bonpar. Tous voulurent participer « à cet établissement » et dans ce but abandonnèrent leurs droits respectifs sur la terre de Mont-Chotard, où depuis s'est élevé le monastère de Beaulieu. Les seigneurs voisins, alliés ou amis des fondateurs, s'empressèrent d'imiter leur exemple; Arthaud de Saint-Haon abandonna son droit de justice ( 6 ) , le seigneur de Beaujeu, possesseur delà maison forte d'Ouches voisine de Mont-Chotard, donna une terre sur le Renaison (7) et les seigneurs de Villerest, 'Saint- Maurice et Montmorillon (8) donnèrent des dîmes qu'ils possédaient dans le voisinage. Quant à l'abbé d'Ainay, seigneur du pays, comme grand prieur de Riorges (9), il (6) Artaud de Saint-Haon allié à la maison de Roannais, chevalier, seig. de Saint-Haon. Cette ville était le siège de la justice du pays. (7) Sibylle de Beaujeu. L'obituaire de l'égl. de Lyon parle d'une dame noble nommée Sibylle, qui donna à l'église Saint-Etienne de Lyon 30 sols et 20 sols d'aumône à distribuer (Sibylla femina qua dédit Sancto Slephano triginta solidos et ad eleemosynam viginti solidos. (8) Montmorillon. Cette famille puissante au moyen âge eut plusieurs de ses membres chanoines de l'église métropolitaine et comtes de Lyon. — De la route qui mène de Renaison à Châtel-Montagne, on aperçoit dans le nord sur la limite du département de la Loire une haute tour carrée portant encore des traces d'incendie. C'est tout ce qui reste du manoir des Montmorillon qui fut brûlé au xive siècle par Rodrigue de Villandrando. (9) Riorges. Ce nom, suivant La Mure, vient de «. ritus orgiarum » parceque.il y aurait eu là autrefois un temple païen fréquenté. Plus tard, il aurait été transformé en prieuré, toujours est-il que, dès le ixe siècle, Riorges avait un prieuré dépendant de l'abbaye d'Ainay. Au xvn5 siècle, il fut sécularisé et donné aux jésuites du collège de Roanne.